Votre alternance ne se passe pas comme prévu ? Les missions sont éloignées de celles qui vous avaient été présentées, l’ambiance est devenue difficile ou l’encadrement est insuffisant ? Cette situation n’est pas rare. Dans certains cas, changer d’entreprise peut devenir nécessaire pour poursuivre sa formation dans de bonnes conditions.
Oui, vous pouvez quitter votre entreprise et continuer votre alternance auprès d’un autre employeur. Cependant, cette décision ne doit pas être prise dans la précipitation. Le contrat en cours doit d’abord être rompu en respectant la procédure applicable, puis un nouveau contrat doit être signé avec la nouvelle entreprise.
Les démarches diffèrent selon que vous êtes en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation. Voici ce que vous devez savoir avant de prendre votre décision.
Peut-on vraiment changer d’entreprise sans abandonner sa formation ?
Oui. Changer d’entreprise ne signifie pas nécessairement arrêter sa formation.
Cette démarche implique toutefois deux opérations distinctes :
- mettre fin au contrat conclu avec l’entreprise actuelle ;
- signer un nouveau contrat avec le futur employeur.
Un contrat d’alternance ne peut pas être simplement transféré d’une entreprise à une autre. Chaque employeur doit établir son propre contrat et accomplir les formalités nécessaires auprès de l’établissement de formation et de l’organisme compétent.
Plusieurs raisons peuvent conduire un alternant à envisager un changement :
- les missions ne correspondent pas à la formation ou au poste annoncé ;
- l’encadrement est insuffisant ou inexistant ;
- les relations avec l’équipe sont devenues difficiles ;
- les conditions de travail empêchent l’alternant de progresser ;
- l’entreprise ne respecte pas ses obligations ;
- le trajet est devenu difficilement compatible avec la formation ;
- l’entreprise rencontre des difficultés économiques ;
- une autre structure propose des missions mieux adaptées au projet professionnel.
Un désaccord ponctuel ou une période de tension ne justifie pas toujours une rupture immédiate. Avant de prendre une décision définitive, échangez avec votre tuteur, votre responsable, les ressources humaines ou votre école. Une discussion ou une médiation peut parfois permettre de résoudre la situation.
En revanche, si votre santé ou votre sécurité est menacée, ou si vous êtes confronté à un comportement grave comme du harcèlement ou des violences, ne restez pas seul. Conservez les éléments utiles et prévenez rapidement votre établissement, la médecine du travail ou les interlocuteurs compétents.
Faut-il trouver une nouvelle entreprise avant de partir ?
Dans la mesure du possible, oui.
Trouver un nouvel employeur avant de rompre votre contrat actuel permet de limiter la période sans salaire et de poursuivre votre formation avec moins d’interruptions. Vous pouvez également vérifier à l’avance que les missions proposées correspondent bien au diplôme ou au titre professionnel préparé.
Cette précaution n’est cependant pas toujours possible. Lorsque la situation est urgente ou présente un risque pour votre santé ou votre sécurité, votre priorité doit être de vous protéger et de contacter rapidement votre école.
Avant d’accepter une nouvelle proposition, vérifiez systématiquement :
- l’intitulé exact du poste ;
- les missions qui vous seront réellement confiées ;
- le rythme entre l’école et l’entreprise ;
- la durée du nouveau contrat ;
- la date de début prévue ;
- le lieu de travail ;
- les horaires ;
- la rémunération ;
- l’identité et la disponibilité du futur tuteur ;
- la cohérence du poste avec votre formation.
Une promesse orale n’est pas suffisante pour sécuriser votre changement. Demandez une confirmation écrite avant d’engager la rupture de votre contrat actuel.
Présentez également la nouvelle entreprise à votre école. L’établissement doit s’assurer que les missions prévues correspondent aux compétences et aux objectifs de la formation.
Comment rompre un contrat d’apprentissage ?
La procédure dépend du nombre de jours de formation pratique déjà effectués dans l’entreprise.
Pendant les 45 premiers jours en entreprise
Durant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, l’employeur ou l’apprenti peut mettre fin au contrat d’apprentissage.
Ces 45 jours peuvent être consécutifs ou non. Les journées passées uniquement au CFA ou dans l’établissement de formation ne sont pas comptabilisées dans cette période. La rupture doit être constatée par écrit.
Cette période permet aux deux parties de vérifier que le poste, les missions et les conditions de la collaboration correspondent à leurs attentes.
Même lorsque la procédure paraît relativement simple, prévenez votre école avant d’envoyer votre demande. L’établissement pourra vous expliquer les conséquences de la rupture et commencer à vous accompagner dans la recherche d’un nouvel employeur.
Après les 45 premiers jours
Après les 45 premiers jours de formation pratique, plusieurs solutions sont possibles.
La solution la plus simple est la rupture d’un commun accord. L’apprenti et l’employeur signent alors un document écrit exprimant leur volonté commune de mettre fin au contrat. Cette rupture ne peut être imposée par l’une des parties.
Lorsque l’employeur refuse la rupture amiable, l’apprenti peut prendre l’initiative de rompre son contrat. Il doit toutefois saisir préalablement le médiateur de l’apprentissage.
La procédure comprend les étapes suivantes :
- saisir le médiateur de l’apprentissage ;
- attendre au moins cinq jours calendaires à compter de cette saisine ;
- informer l’employeur de son intention de rompre le contrat par un moyen permettant de prouver la date de réception ;
- attendre au moins sept jours calendaires après l’information de l’employeur pour que la rupture puisse devenir effective.
La saisine du médiateur est une étape préalable obligatoire lorsque l’apprenti souhaite rompre seul son contrat après les 45 premiers jours. Elle ne signifie pas que le médiateur doit autoriser le départ.
Si l’apprenti est mineur, son représentant légal doit être associé à la démarche dans les conditions prévues par la réglementation. Il est préférable de préparer la procédure avec l’établissement de formation.
Que se passe-t-il après la rupture ?
Après la rupture du contrat d’apprentissage, l’apprenti peut continuer à suivre sa formation théorique au CFA pendant une période maximale de six mois. Durant cette période, le CFA doit contribuer à la recherche d’un nouvel employeur et l’apprenti bénéficie du statut de stagiaire de la formation professionnelle.
Cette période permet d’éviter une interruption immédiate de la formation, mais elle ne doit pas être considérée comme une période d’attente. L’apprenti doit continuer à envoyer des candidatures, participer aux entretiens et rester en contact avec son école.
Lorsqu’une nouvelle entreprise est trouvée, un nouveau contrat d’apprentissage est établi. Sa durée peut être adaptée au temps de formation restant afin de permettre à l’étudiant de terminer son parcours.
Comment rompre un contrat de professionnalisation ?
Le contrat de professionnalisation peut être conclu sous la forme d’un CDD ou d’un CDI. La procédure de rupture dépend donc de la forme du contrat.
Le contrat de professionnalisation est un CDD
Pendant une éventuelle période d’essai, le salarié peut mettre fin au contrat en respectant le délai de prévenance applicable.
Après la période d’essai, un CDD ne peut pas être rompu librement par une simple démission.
La rupture anticipée est principalement possible dans les situations suivantes :
- accord entre l’employeur et le salarié ;
- embauche du salarié en CDI ;
- faute grave ;
- force majeure ;
- inaptitude constatée par le médecin du travail.
Le contrat de professionnalisation en CDD est soumis aux règles générales de rupture des contrats à durée déterminée.
Si la nouvelle entreprise vous propose un autre contrat en CDD, le motif d’une embauche en CDI ne peut pas être utilisé. La solution la plus sûre consiste généralement à négocier une rupture d’un commun accord avec l’employeur actuel.
Quitter son poste sans respecter la procédure applicable au CDD peut entraîner un litige et, selon les circonstances, une demande de dommages et intérêts.
Le contrat de professionnalisation est un CDI
Lorsqu’il est conclu en CDI, le contrat de professionnalisation peut être rompu selon les règles habituelles applicables au contrat à durée indéterminée.
Le salarié peut notamment :
- mettre fin à sa période d’essai lorsqu’elle est encore en cours ;
- démissionner ;
- négocier une rupture conventionnelle avec son employeur.
En cas de démission, un préavis peut être prévu par la convention collective, le contrat ou les usages de l’entreprise. Le salarié ne peut pas décider seul de ne pas effectuer ce préavis. Une dispense doit être acceptée par l’employeur.
Contrairement au contrat d’apprentissage, le contrat de professionnalisation ne bénéficie pas automatiquement du dispositif permettant de poursuivre la formation pendant six mois après la rupture. Contactez donc rapidement votre école pour connaître les conditions dans lesquelles votre parcours peut être maintenu.
Les étapes à suivre pour changer d’entreprise
Un changement d’entreprise correctement préparé peut se dérouler en six étapes.
1. Parlez d’abord à votre école
Votre premier réflexe doit être de contacter votre établissement.
Expliquez clairement :
- les difficultés rencontrées ;
- les échanges déjà réalisés avec l’entreprise ;
- les solutions qui ont été tentées ;
- les raisons pour lesquelles vous souhaitez partir ;
- l’état de votre recherche d’un nouvel employeur.
L’école pourra vous aider à prendre du recul, tenter une médiation, vous expliquer la procédure et vérifier les conséquences possibles sur votre formation.
Chez Rush School, contactez l’équipe dès les premières difficultés. N’attendez pas que la situation devienne impossible à gérer.
2. Relisez attentivement votre contrat
Vérifiez la nature exacte de votre contrat :
- contrat d’apprentissage ;
- contrat de professionnalisation en CDD ;
- contrat de professionnalisation en CDI.
Consultez également :
- la date de début ;
- la période d’essai éventuelle ;
- la convention collective applicable ;
- les clauses relatives à la rupture ;
- la durée du préavis lorsqu’il existe.
La procédure à suivre dépend directement de ces informations.
3. Recherchez activement un nouvel employeur
Mettez votre CV à jour et préparez une explication simple, honnête et professionnelle de votre changement.
Pendant les entretiens, évitez de critiquer excessivement votre entreprise actuelle. Expliquez plutôt que vous recherchez des missions plus cohérentes avec votre formation, un meilleur encadrement ou un environnement davantage adapté à votre projet.
Un discours factuel et constructif rassurera davantage le recruteur qu’une longue liste de reproches.
4. Formalisez la rupture par écrit
Même lorsqu’un accord a été trouvé oralement, la rupture doit être formalisée par écrit.
Le document doit notamment préciser :
- l’identité des parties ;
- le contrat concerné ;
- le mode de rupture ;
- la date de fin prévue ;
- les signatures nécessaires.
Pour un contrat d’apprentissage, la rupture anticipée doit être notifiée au directeur du CFA ainsi qu’à l’organisme chargé du dépôt du contrat.
L’employeur ou l’établissement peut généralement vous accompagner dans cette formalité.
5. Récupérez vos documents de fin de contrat
À la fin du contrat, l’employeur doit mettre à votre disposition :
- un certificat de travail ;
- une attestation destinée à France Travail ;
- un reçu pour solde de tout compte.
Vérifiez également :
- le paiement du dernier salaire ;
- le règlement des congés payés acquis ;
- les primes éventuellement dues ;
- les autres sommes prévues par votre contrat ou votre convention collective.
Conservez ces documents. Ils pourront être utiles pour vos démarches administratives et pour justifier votre expérience professionnelle.
6. Signez le nouveau contrat avant de commencer
Le nouvel employeur doit établir un nouveau contrat d’alternance.
Il faut attendre que le premier contrat soit officiellement terminé et que le nouveau contrat soit signé, avec une date de début clairement définie avec l’entreprise et l’établissement.
Ne commencez pas à travailler dans la nouvelle entreprise sur la base d’une simple promesse orale. Vérifiez également que Rush School a validé la cohérence des missions proposées avec votre formation.
Les erreurs à ne surtout pas commettre
Un changement d’entreprise peut devenir plus difficile lorsqu’il est réalisé dans la précipitation.
Évitez notamment de :
- quitter votre poste du jour au lendemain sans respecter la procédure ;
- utiliser l’abandon de poste comme moyen de rupture ;
- annoncer votre départ avant d’en parler à votre école ;
- vous fier uniquement à une promesse orale d’embauche ;
- commencer dans la nouvelle entreprise sans nouveau contrat ;
- signer un document sans le lire ;
- accepter des missions sans rapport avec votre formation ;
- publier des accusations contre l’entreprise sur les réseaux sociaux ;
- attendre les dernières semaines précédant les examens pour agir ;
- confondre une rupture amiable du contrat d’apprentissage avec une rupture conventionnelle de CDI.
La rupture conventionnelle est une procédure propre au CDI. Elle ne constitue pas le mode de rupture utilisé pour un contrat d’apprentissage.
FAQ – Changer d’entreprise pendant son alternance
Peut-on changer d’entreprise sans changer d’école ?
Oui. Vous pouvez rester dans le même établissement si la nouvelle entreprise propose des missions compatibles avec la formation et si l’école accepte la poursuite du parcours.
Un nouveau contrat doit obligatoirement être établi avec le nouvel employeur.
Peut-on rester en cours après la rupture d’un contrat d’apprentissage ?
Oui. Après la rupture, le CFA peut maintenir l’apprenti en formation théorique pendant une période maximale de six mois et doit contribuer à sa recherche d’un nouvel employeur.
La saisine du médiateur est-elle obligatoire ?
Elle est obligatoire lorsque l’apprenti souhaite rompre lui-même son contrat après les 45 premiers jours de formation pratique et qu’aucun accord commun n’a été trouvé avec l’employeur.
L’employeur peut-il refuser une rupture amiable ?
Oui. Une rupture d’un commun accord nécessite l’acceptation et la signature des deux parties. Elle ne peut être imposée ni par l’apprenti ni par l’employeur.
En cas de refus, l’apprenti peut suivre la procédure de rupture à son initiative après avoir saisi le médiateur.
Peut-on commencer immédiatement dans la nouvelle entreprise ?
Il faut attendre que le premier contrat soit officiellement terminé et que le nouveau contrat soit signé avec une date de début clairement établie.
L’établissement doit également vérifier que les missions proposées correspondent à la formation.
La rémunération sera-t-elle la même ?
Pas nécessairement.
La rémunération peut varier selon :
- l’âge de l’alternant ;
- l’année d’exécution du contrat ;
- le type de contrat ;
- la convention collective ;
- les dispositions plus favorables appliquées par la nouvelle entreprise.
Vérifiez le montant indiqué dans le nouveau contrat avant de le signer.
Comment expliquer la rupture à un nouveau recruteur ?
Restez calme, honnête et factuel.
Vous pouvez expliquer que vous recherchez des missions plus adaptées à votre formation, un meilleur encadrement ou un environnement plus cohérent avec votre projet professionnel.
Évitez de dénigrer votre ancien employeur. Concentrez-vous sur ce que vous avez appris et sur les conditions dont vous avez besoin pour réussir la suite de votre alternance.
Que faire si l’entreprise ne respecte pas le contrat ?
Conservez les éléments utiles, comme les courriels, les messages, les plannings ou les documents remis par l’entreprise.
Informez rapidement votre école. Selon la nature du problème, vous pouvez également contacter :
- le médiateur de l’apprentissage ;
- les représentants du personnel ;
- la médecine du travail ;
- l’inspection du travail ;
- les services compétents en cas de danger ou de harcèlement.
Peut-on changer plusieurs fois d’entreprise ?
C’est possible lorsque chaque rupture respecte la procédure applicable et qu’un nouveau contrat est conclu avec l’employeur suivant.
Cependant, plusieurs changements successifs peuvent compliquer votre parcours, interrompre votre rémunération et retarder votre progression. Chaque décision doit donc être mûrement réfléchie et préparée avec l’école.
Rush School peut-elle accompagner un étudiant qui souhaite changer d’entreprise ?
Oui. L’équipe de Rush School peut examiner votre situation, vous expliquer les démarches adaptées à votre contrat et vérifier que les missions proposées par une nouvelle entreprise correspondent à votre formation.
L’établissement peut également vous aider à préparer votre candidature et à présenter votre changement de manière professionnelle aux recruteurs.
Vous rencontrez des difficultés dans votre entreprise ?
Une situation difficile en alternance ne signifie pas nécessairement la fin de votre formation.
Avant de prendre une décision, échangez avec l’équipe de Rush School. Nous pourrons examiner votre situation, identifier les démarches adaptées à votre contrat et vous accompagner dans la suite de votre parcours.
Selon votre situation, la meilleure solution peut être une discussion avec l’entreprise, une médiation ou un changement d’employeur.
Contactez Rush School dès les premières difficultés : plus tôt vous agissez, plus les solutions sont nombreuses.
